Notre histoire
🌿 Notre histoire
Je m’appelle Lauryne, et avant de travailler la fleur, j’ai d’abord appris la fragilité humaine.
À dix-neuf ans, j’ai dû abandonner mes études d’infirmière pour prendre soin d’un proche, alors que ma propre famille se dérobait. J’ai été recueillie par mon oncle et ma tante, à Lyon, et c’est là que ma vie a pris un tournant inattendu. Mon rêve d’être infirmière en néonatalogie s’est éteint, mais une autre vocation, plus ancienne, s’est rallumée : celle de fleuriste.
Je pensais que ce serait un métier de retraite, un projet doux après la tempête. Le destin, lui, a décidé d’en faire ma planche de salut.
Quand je suis entrée dans ce monde, j’étais naïve. Je croyais que tous les fleuristes aimaient la nature. J’ai vite compris que c’était aussi une industrie, parfois violente pour la terre. La plupart des fleurs venaient des serres à gaz des Pays-Bas, d’Équateur ou du Kenya. Les sols étaient épuisés, les produits chimiques omniprésents. Certaines fleuristes travaillaient avec des gants pour éviter l’empoisonnement. Moi, je me suis promis de trouver une autre voie.
C’est là qu’est née l’idée de Cérès & Chloris : cultiver mes propres fleurs, en permaculture, dans le Beaujolais 🍇, sans pesticides, avec patience et respect.
Le nom, lui, porte une revanche.
Mon premier grand projet m’a été volé par une amie, celle qui aurait dû partager cette aventure avec moi. Elle a déposé seule le nom que j’avais trouvé : Cérès. J’ai cru que tout s’effondrait, puis j’ai compris que je pouvais le transformer en renaissance.
Cérès, déesse de la terre fertile, ne pouvait qu’être accompagnée de Chloris, la nymphe des fleurs.
Deux forces : la terre et la floraison comme un rappel que tout renaît un jour.
Je suis passée par des postes à responsabilité, à Lyon et en Calade, avant de comprendre que le salariat m’étouffait. Les humiliations, la charge, la perte de sens : tout m’a poussée au burn-out. Alors, avec mon compagnon, nous avons quitté notre vie d’avant pour un tour d’Europe en camping-car, à la recherche d’un souffle neuf.
C’est là que tout a commencé.
De retour à Montmerle-sur-Saône, dans un petit appartement insalubre, je travaillais sur une planche posée sur deux tréteaux. Je fabriquais tout ce qu’on me demandait : couronnes, cadres, enseignes, bouquets. Parfois je rentrais des marchés avec zéro euro, les mains gelées ou brûlées par la chaleur.
Mais je ne pouvais pas abandonner.
Parce que la passion, ce n’est pas un passe-temps. C’est une nécessité qui brûle.
Peu à peu, j’ai cessé de faire “ce qu’on me demandait” pour créer ce que j’aimais vraiment.
Je me suis tournée vers l’univers tout doux des bébés : les tambours fleuris, les lettres et les prénoms personnalisés. C’est à ce moment-là que Cérès & Chloris a pris vie pour de bon.
Aujourd’hui, nous avons une maison à Ouroux, un atelier, et un jardin bouquetier qui grandit chaque année.
J’y cultive mes immortelles, mes delphiniums sans produits, dans la logique simple de la permaculture : la nature n’a pas besoin de nous, c’est nous qui avons besoin d’elle.
Pour vivre, j’ai longtemps cumulé les métiers : fleuriste, puis femme de ménage.
Aujourd’hui, je deviens assistante maternelle, un métier qui, comme la fleur, parle d’attention, de patience et d’éveil. J’apprends aux enfants à jardiner, à observer la vie qui pousse, à comprendre que la beauté commence dans la terre.
Cérès & Chloris est plus qu’un atelier : c’est une philosophie.
Une invitation à ralentir, à se relier à la nature et à l’humain.
Chaque client fait partie de cette aventure, un échange, pas une transaction.
Je leur apporte un peu de beauté et de douceur, et eux me permettent de continuer à vivre de ce rêve.
Demain, je veux aller plus loin : agrandir le jardin, accueillir le public, organiser des ateliers, des rencontres, et lancer un projet de location florale responsable.
Remplacer les arches éphémères de mariage par des créations durables, réutilisées pour les naissances ou les décorations de maison. Offrir de la simplicité, du sens et du beau sans gaspiller la vie.
🌸 Cérès & Chloris, c’est une histoire de renaissance, de nature et de cœur.
Des fleurs qui ne fanent pas, mais qui continuent de raconter des histoires.